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L'environnement

L'agriculture biologique est une approche innovante qui a pour fondement même le respect de l'environnement grâce à des savoirs et méthodes qui favorisent la mise au point de technologies en accord avec la nature. Mais quels sont les réels bienfaits des techniques de l'agriculture biologique sur l'environnement ?

Précisons pour commencer que l'agriculture conventionnelle pratiquée de nos jours, avec son utilisation systématique de fertilisants et de pesticides en tous genres entraine une pollution considérable des eaux et terres. Le sol n'est plus considéré que comme un vulgair support, l'air est pollué, la biodiversité est perturbée... Ce sont toutes ces raisons qui nous poussent aujourd'hui à nous interroger sur nos techniques agricoles et à s'intéresser justement à de nouvelles techniques.

L'agriculture biologique a pour but d'entretenir les bases de la vie à une époque où les pratiques d'exploitation intensives dégradent peu à peu notre Terre. Les actions directes de l'AB pour préserver l'environnement sont :

  • Le recyclage de matières organiques naturelles par compostage.
    Exemple d'utilisation du compost : L'azote joue un rôle important dans la croissance des plantes. Lors de l'application de compost, les bactéries libèrent lentement l'azote dans le sol, fournissant ainsi leur nourriture aux plantes. Cette méthode évite l'écoulement de l'azote et l'érosion des sols. L'engrais des animaux de la ferme ne s'utilise que pour les plantes capables d'absorber des substances nutritives supplémentaires (p. ex. les choux). L'agriculture biologique ne pollue ni la terre, ni l'eau, ni l'air par le déversement d'excédents de lisier ou d'engrais chimiques.

  • Le système de rotation des cultures afin de maintenir l'équilibre des organismes vivants du sol (bactéries, champignons...). Exemple de cycle :
    1e année : plantes sarclées (betteraves, pommes de terre, légumes divers).
    2e année : céréales (blé, orge, seigle...)
    3e année : céréales secondaires (avoine ou escourgeon) avec culture dérobée de légumineuses ou graminées qui constitueront la prairie temporaire de l'année suivante.
    4e année : prairie dont le foin est récolté pour les réserves d'hiver des animaux
    5e année : pâturage ou jachère pour le repos des sols.

  • L'absence d'engrais chimiques et de pesticides de synthèse, de traitement antibiotique et anti-parasitaire.
    [Au cours du siècle dernier, l'Homme pour se nourrir s'est orienté vers une agriculture intensive : la monoculture sur grandes parcelles. Ces pratiques ont entrainées la prolifération de "ravageurs" ravis de l'apparition de grands espaces pour leurs plantes nourricières].
    En agriculture biologique, nous avons trouvé une solution autre que les molécules chimiques afin de lutter contre les parasites qui n'est autre que l'introduction d'êtres vivants capables de réduire et de contrôler les populations de ravageurs. Elle tend à créer des agrosystèmes équilibrés grâce à la richesse de la faune et non plus grâce à des produits artificiels. Cette technique est la plupart du temps très efficace : exemple de la coccinelle Rodolia qui régule les populations de cochenilles. Cependant elle peut parfois s'avérer risquée : exemple de la coccinelle asiatique multicolore importée en France en 1982 afin de lutter contre plusieurs espèces de pucerons, cette espèce a, par sélection, livré une souche "sédentaire" incapable de voler. Elle a coloniser la Belgique et représente une menace au niveau de la concurence alimentaire, de plus elle s'avère être un véritable prédateurs de larves. D'où l'importance d'une étude approfondie avant l'introduction d'une nouvelle espèce.
    L'agriculture biologique préserve donc la biodiversité, et, grâce à la supression des nuisances liées aux pesticides, ne pollue ni les nappes phréatiques, ni les eaux de surface. Toute la faune bénéficie des bienfaits de l'agriculture biologique.

De plus, l'agriculture biologique, favorable à la relocalisation des productions, évite les flux de marchandises extrèmement polluants et diminue les infrastructures d'extraction de matières premières qui sont également très polluantes.
D'après la Cornell University de New York, l'AB consommerait également 30% d'énergie en moins ainsi que moins d'eau pour un rendement égal à celui de l'agriculture conventionnelle.

La santé

Les aliments issus de l'agriculture biologique sont par définition produits selon des pratiques "respectueuses des équilibres naturels". C'est à dire peu de pesticides, pas d'engrais de synthèse pour les végétaux, interdiction d'utiliser des OGM, un accès au plein air, une nourriture biologique ainsi qu'une limitation des traitements médicamenteux pour les animaux d'élevage.

Pour autant les produits biologiques sont-ils réellement meilleurs pour la santé ?

De nos jours, nombre de médecins déclarent être convaincus du lien entre la santé et l'alimentation, en particulier entre les aliments consommés ces dernières années et la forte augmentation du nombre de cancers. Les méthodes de l'agriculture conventionnelle privilégieraient donc le rendement à la qualité du produit, en préférant utiliser des techniques artificiels ne respectant pas toujours la nature, voir la dégradant. De plus il a été prouvé qu'à forte dose, l'utilisation de pesticides augmentait les risques de cancers et de leucémies.
Les produits issus de l'agriculture biologique, utilisant peu ou pas de pesticides, et produits selon des méthodes plus respectueuses seraient donc meilleurs pour la santé ? Nous constatons que les produits biologiques:

  • contiennent plus de macro-substances et de micro-substances nutritives:
    - moins d'eau, donc plus de substances nutritives (jusqu'à + 25%)
    - plus de minéraux: potassium, magnésium, phosphore, etc. (+ 10 à + 290%)
    - plus de vitamines (par exemple 28% de vitamines C en plus)
    - plus de protéines, et en particulier plus d'acides aminés essentiels (jusqu'à + 25%)

  • contiennent moins de nitrates (substance potentiellement cancérigène se retrouvant en masse dans les cultures conventionnelles de par l'utilisation d'engrais chimiques): jusqu'à - 93%

  • contiennent nettement moins de pesticides et de d'agents contaminateurs

  • n'utilisent pas de colorants, d'aromatisants ou de conservateurs chimiques dans la transformation

    Cependant l'intérêt est plus ou moins négligeable en raison de la quantité consommée : en effet la différence ne serait notable qu'à très grande échelle.
    L'étude menée par l'AFSSA en 2003 concernant les aliments issus de l'agriculture biologique révèle que : 
    "Sous l'angle nutritionnel, nous ne constatons pas véritablement de différence notable avec les fruits et légumes classiques"
    "Quant aux pesticides, on en note une moindre présence dans les aliments issus de l'agriculture biologique cependant de nos jours, les pesticides autorisés en agriculture conventionnelle le sont dans des conditions d'emploi telles que la limite tolérée dans les aliments ne présente aucun dangers pour le consommateur". Les pesticides ne seraient donc réellement dangereux qu'à forte dose, ils le seraient donc pour les agriculteurs exposés à de grandes quantités de pesticides mais pas forcément pour le consommateur.

    Nous pouvons donc supposer que les produits biologiques ne fait que participer de manière positive à une alimentation saine. La consommation de produits biologiques ne garantit pas pour autant une santé optimale. En effet, produits biologiques ou non, tout régime alimentaire peut présenter des carences. Certaines personnes mangent, par exemple, trop peu de légumes et de fruits mais trop de graisses animales (produits laitiers, viande). Finalement, la santé ne tient pas seulement à l'alimentation mais aussi au mode de vie en général (exercice, sommeil, tabac, ...).